La plateforme de revendications de la Concertation en développement social de Verdun dans le cadre des élections provinciales québécoise de 2026

 

 

La Concertation en développement social de Verdun (CDSV) est la table de quartier de Verdun. Nous sommes un regroupement composé de 55 membres ; principalement des organismes communautaires, mais aussi des citoyen·nes, institutions et acteurs économiques ; qui unissent leurs forces et expertises pour améliorer les conditions de vie de la population et lutter contre la pauvreté.

 

À l’occasion de la campagne électorale, la CDSV formule 30 demandes liés à divers enjeux et préoccupations soulevés par le milieu en formulant 30 demandes  : l’itinérance, le logement, la lutte contre la pauvreté, le milieu communautaire, les infrastructures et services publics et l’immigration.

 

Vous pouvez retrouver la totalité des revendications ici : Plateforme de la CDSV – élections provinciales 2026

Parmi celles-ci, quatre revendications ont été retenues pour être mises de l’avant dans l’espace public et médiatique :

 

 

1. Assurer le déploiement stable de petites ressources en itinérance dans les quartiers, en collaboration avec le milieu local.

L’objectif est de répondre précisément aux besoins identifiés par les groupes locaux eux-mêmes, évitant ainsi des solutions déconnectées de la réalité du terrain.

Depuis plusieurs années, l’itinérance, qu’elle soit visible ou cachée, augmente à Verdun. Si la crise du logement en est la principale cause, plusieurs autres facteurs sont pointés du doigt : précarisation de la société, recul de certains services publics… En plus du nombre croissant de personnes en situation d’itinérance, c’est l’aggravation des conditions d’existence des personnes non logées qui interpellent les acteurs du milieu : crise des surdose, augmentation du nombre de campements, difficultés d’accès aux services publics… La crise de l’itinérance à laquelle nous faisons face actuellement nécessite donc à la fois la mise en place de mesures d’urgence, mais aussi le développement d’une approche globale, financée durablement et ancrée localement, dans l’optique de briser le cycle de la précarité. Face à ces constats alarmants, Verdun ne dispose pas sur son territoire de ressources pour assurer un continuum de services aux personnes en situation d’itinérance.

 

 

2. Investir massivement dans le développement de logements sociaux et communautaires.

Notamment :

  • Mettre en place un programme de financement structurant et pérenne annuellement au Québec pour le logement social et communautaire.
  • Financer la construction de 10 000 logements sociaux et communautaires annuellement pour atteindre la cible de 20% du marché locatif d’ici 2050.
  • Réserver les terrains publics excédentaires à des projets de logements sociaux.
  • Revoir l’article 93 de la loi 31 et abolir son extension dans la loi 79, afin que l’utilisation du « superpouvoir » par les municipalités soit possible uniquement pour les projets de logements sociaux et communautaires.

Verdun ne dispose actuellement que de 4% de logements sociaux sur son territoire, ce qui place l’Arrondissement au 13ème rang (sur 19) à Montréal. À l’Île-des-Sœurs, il n’y a aucun logement social. Pourtant, la crise du logement est particulièrement intense à Verdun et les besoins sont énormes : en 2021, 2 660 ménages verdunois avaient des besoins impérieux en logement, les frais de logement augmentent plus vite à Verdun qu’à Montréal, le taux d’inoccupation sur la terre ferme est très faible (0,6%). Il manque également de grands logements pour les familles avec enfants (le nombre de grands logements est proportionnellement moins important en 2021 qu’en 2016). De nombreux ménages verdunois connaissent donc des difficultés à accéder à un logement adapté à leurs besoins et capacités financières. Certains doivent quitter le quartier tandis que d’autres consacrent une part trop importante de leurs revenus pour se loger. Il est donc urgent de prioriser le développement du logement social et communautaire et de protéger les locataires pour faciliter l’accès au logement.

 

 

3. Rehausser et indexer annuellement le financement à la mission des organismes communautaires, et mettre fin aux financements précaires.

Verdun dispose d’un tissu communautaire riche et varié. Les organismes jouent un rôle indispensable dans le quartier, en maintenant des services essentiels à la population, en créant du lien social et de la solidarité et en étant le dernier filet social pour les personnes les plus démunies. Tout comme sur l’ensemble du Québec, de nombreux organismes verdunois font cependant face à une précarité particulièrement préoccupante, ce qui a des impacts sur les services à la population et sur le rôle qu’ils jouent auprès des populations plus vulnérables. L’insuffisance du financement à la mission crée une instabilité, empêche les organismes de développer une vision à long terme et affecte leur autonomie. Elle ne permet pas non plus aux organismes d’offrir des conditions de travail adéquates à leurs employé-es ce qui entraine un roulement de personnel préoccupant. Depuis quelques années, l’hébergement des organismes est également devenu un enjeu de taille à Verdun, du fait notamment de l’augmentation des coûts des loyers. À Verdun, ce sont 13 organismes qui sont à la recherche de locaux ou qui ont des locaux inadaptés. Face à ces défis, le gouvernement du Québec doit investir dans le milieu communautaire, pilier essentiel du filet social au Québec.

 

 

4. Développer des services sociaux et en santé adaptés à différents types de population. 

Notamment :

  • Mettre en place un financement adéquat pour le soutien à domicile et de réduire d’attente pour les CHSLD.
  • Rendre accessible pour les jeunes des services de soutien psychologique sur du long terme.

En plus d’un soutien au milieu communautaire adapté aux besoins, le renforcement du filet social passe par des services publics forts. C’est malheureusement tout le contraire qui se passe actuellement. La privatisation grandissante et le manque d’investissements dans certains secteurs réduisent l’accès égal et sans discrimination, à certains services et besoins de base et empêchent l’exercice de certains droits (droits à la santé, à l’éducation…). On parle d’école à « trois vitesses », d’inaccessibilité de certains services professionnels en santé, de diminution des services de proximité, de listes d’attente… Dans un contexte où les inégalités socio-économiques augmentent, notamment à Verdun, ce désinvestissement dans les services publics ne fait que creuser les inégalités. Le milieu communautaire, lui-même sous-financé, ne peut continuer à pallier le manque de services publics ; le gouvernement du Québec doit réinvestir dans les infrastructures et services publics.

 

La Concertation en développement social de Verdun invite les candidat·es à s’engager concrètement pour répondre à ces enjeux.